La mer caresse le rivage de Roscoff, petit joyau breton où le bleu et le gris s’entremêlent dans une danse intemporelle. Lovée sur la côte nord du Finistère, cette commune de 3 600 âmes qui regarde vers l’île de Batz ne ressemble à nulle autre. Si aujourd’hui les visiteurs connaissent Roscoff pour son port et son architecture pittoresque, c’est une histoire bien particulière qui a forgé son identité maritime: celle des “Johnnies”, ces paysans bretons qui traversaient la Manche pour vendre leurs oignons en Angleterre.
Une histoire maritime atypique: des oignons à l’aventure
En 1828, Henri Ollivier, un cultivateur local audacieux, inaugure un commerce improbable. Partant de Roscoff avec sa cargaison d’oignons rosés, il traverse la Manche pour les vendre directement aux Britanniques. Ce qui commence comme une initiative isolée devient rapidement une tradition emblématique.
Ces marchands bretons, portant leurs tresses d’oignons sur l’épaule et parcourant les rues anglaises à vélo, sont vite surnommés “Johnnies”. Pendant des décennies, ils représentent l’esprit d’entrepreneuriat maritime de Roscoff, bravant les tempêtes et les aléas commerciaux pour maintenir ce lien économique singulier entre la Bretagne et l’Angleterre.
Cette histoire remarquable est aujourd’hui célébrée au Musée des Johnnies, où les visiteurs découvrent cette épopée commerciale qui a façonné l’identité culturelle et économique de la région pendant plus d’un siècle.
Entre terre et mer: un patrimoine architectural préservé
Flâner dans les ruelles de Roscoff, c’est remonter le temps. Les maisons d’armateurs du XVIe siècle affichent leurs façades ornées de granit et leurs encorbellements finement sculptés. Ces demeures témoignent de la prospérité d’une cité marchande où les échanges maritimes ont apporté richesse et influences diverses.
L’église Notre-Dame de Croaz-Batz, érigée entre 1550 et 1576, impressionne par son clocher Renaissance. Sa construction, financée par les riches négociants de la ville, illustre l’importance du commerce maritime dans l’histoire locale.
En 1592, la ville subit un événement dramatique avec le pillage perpétré par Guy Eder de Fontenelle, laissant des cicatrices dans le patrimoine urbain que les habitants s’empressèrent de réparer, preuve de leur résilience face aux tourmentes de l’Histoire.
Expériences authentiques: entre terre et mer
Aujourd’hui, Roscoff offre bien plus que son passé maritime. La Station Biologique, fondée en 1872, est devenue un centre de recherche marine de renommée internationale. Le Jardin Exotique, avec ses 3500 espèces de plantes méditerranéennes et subtropicales, surprend par sa luxuriance inattendue sous ces latitudes nordiques.
Les conditions nautiques exceptionnelles font de Roscoff un lieu prisé des amateurs de sports aquatiques. Les vagues modérées et les nombreuses criques offrent un terrain de jeu idéal pour l’initiation au surf, au kayak et à la voile.
Pour une expérience authentique, embarquez pour l’île de Batz. Cette traversée de 15 minutes vous transporte dans un autre monde, où le temps semble suspendu entre ciel et mer.
Saveurs locales: le terroir maritime
La gastronomie roscovite célèbre les trésors de la mer. Les restaurants du Vieux Port proposent des plateaux de fruits de mer fraîchement débarqués des bateaux de pêche. L’oignon de Roscoff, reconnu par une AOC depuis 2009, se retrouve dans de nombreuses préparations locales.
Ne manquez pas de goûter le kig ha farz, plat traditionnel breton à base de viande et de far de blé noir, souvent servi les jours de marché.
FAQ: Découvrir Roscoff
Quelle est la meilleure période pour visiter Roscoff?
De mai à septembre pour profiter d’un climat doux. Juin et septembre offrent un bon compromis entre météo agréable et affluence modérée.
Comment se rendre à Roscoff?
En ferry depuis Plymouth ou Cork, en train via Morlaix (puis bus), ou en voiture par la voie express N12 puis D58.
L’histoire des Johnnies est-elle encore vivante aujourd’hui?
Oui, à travers le Musée des Johnnies et de l’Oignon de Roscoff et la Fête de l’Oignon organisée chaque année en août, perpétuant ainsi cette tradition unique.




