L’île de Calicoan, joyau méconnu des Philippines orientales, dévoile ses trésors aux voyageurs en quête d’authenticité. Reliée à la municipalité de Guiuan par le pont de Pagnamitan, cette langue de terre entre mer et lagons cache un héritage historique surprenant et des vagues parmi les plus puissantes de l’archipel. Sous le soleil d’août 2025, alors que la saison des pluies s’éloigne doucement, le moment est idéal pour explorer ce territoire où l’Histoire a laissé son empreinte indélébile sur des plages de sable blanc.
Entre vestiges de guerre et paradis des surfeurs
Peu le savent, mais Calicoan fut un site stratégique majeur pendant la Seconde Guerre mondiale. L’île abritait une importante base navale américaine, dont les traces se lisent encore dans l’architecture locale et jusque dans la toponymie – le barangay Ngolos tire son nom du sigle “US Naval Ground Operations Logistics Support Base”.
Une piste d’aviation de plus de 2 kilomètres, vestige de cette présence militaire, témoigne silencieusement du rôle crucial que joua l’île dans les opérations du Pacifique. Ces infrastructures, dont certaines ont été rénovées, offrent aujourd’hui un contraste saisissant avec la nature sauvage environnante.
Plus récemment, Calicoan s’est forgé une nouvelle identité comme la “Capitale du Surf des Visayas”. Les puissantes vagues issues des profondeurs du Pacifique (plus de 10 000 mètres avec le Philippine Deep) en ont fait un spot prisé des surfeurs locaux et internationaux.
L’expérience Calicoan : entre nature sauvage et moments d’exception
ABCD Beach, le joyau des surfeurs
À partir d’octobre 2025, lorsque la mousson du nord-est s’installera, ABCD Beach dévoilera son véritable potentiel. Ce spot aux reef breaks exceptionnels offrira des vagues de 3 à 6 pieds, idéales pour les surfeurs de tous niveaux. La Calicoan Odyssey Waves, festival national de surf prévu en septembre, réunira plus de 150 athlètes dans une ambiance unique.
Pour les débutants, des écoles comme la Calicoan Classics Surf School proposent des cours adaptés, similaires à cette île d’Indonésie où une vague gauche parfaite fonctionne à toutes les marées, mais dans un cadre moins fréquenté.
Exploration des grottes et lagons
La Linao Cave, accessible après 15 minutes de marche à travers une forêt dense, révèle une piscine naturelle d’un bleu translucide entourée de formations rocheuses spectaculaires. Une expérience aussi fascinante que cette grotte de Malaisie avec ses 272 marches menant à un sanctuaire hindou.
Les six lagons d’eau douce de l’île, dont le plus grand s’étend sur 30 hectares, constituent des havres de paix où la biodiversité s’épanouit. Les zones humides au nord abritent poissons, crevettes et crabes dans un écosystème préservé.
Conseils pratiques pour votre séjour
Pour rejoindre Calicoan depuis Tacloban, comptez 3 à 4 heures de route. Des bus directs partent également du terminal PITX de Manille. Sur place, les déplacements s’effectuent essentiellement en scooter ou tricycle.
L’hébergement reste modeste mais authentique. The Grey Inn, avec son design minimaliste face à l’océan Pacifique, contraste avec les guesthouses traditionnelles en nipa et bambou. Les prix varient de 1500 à 5000 pesos philippins par nuit.
La gastronomie locale, centrée sur les fruits de mer fraîchement pêchés, se déguste dans les petites échoppes de bord de plage. Pour une expérience complète, ne manquez pas le marché public de Guiuan où s’animent les échanges locaux chaque matin.
L’alliance entre histoire militaire et spots de surf fait de Calicoan un lieu unique, évoquant cette plage de 3 km où surfeurs et vestiges aborigènes de 4000 ans cohabitent, mais avec une empreinte américaine de la Seconde Guerre mondiale.
Questions fréquentes sur Calicoan Island
Quelle est la meilleure période pour surfer à Calicoan?
D’octobre à mars, lorsque la mousson du nord-est apporte les meilleures vagues. La Calicoan Odyssey en septembre marque le début de cette saison exceptionnelle.
Comment se rendre à Calicoan Island depuis Manille?
Le plus rapide est de prendre un vol pour Tacloban, puis un bus ou van jusqu’à Guiuan (3-4h), suivi d’un court trajet vers l’île. Alternativement, un bus direct depuis le terminal PITX de Manille est disponible, mais le trajet est long (environ 26h).
Quelles traces de la Seconde Guerre mondiale peut-on encore voir?
La piste d’aviation de 2,134 km, une rotonde en béton et un mât de drapeau datant de 1945 sont encore visibles, ainsi que d’anciennes routes militaires américaines qui structurent toujours le paysage de l’île.




